3 · Rançongiciels : protéger son entreprise et réagir à une attaque

Module 3 · Cybersécurité : les bons réflexes

Rançongiciels : protéger son entreprise et réagir à une attaque

Et si vos fichiers devenaient illisibles lundi matin ? Un rançongiciel peut arrêter une petite entreprise en une nuit. Voici comment il entre, les protections qui font la différence et les gestes des premières heures, d’après Cybermalveillance.gouv.fr.

débutant
1 h 20
10 questions
Mis à jour le 27/09/2026

Objectifs pédagogiques

Ce que vous allez apprendre

1

Expliquer comment agit un rançongiciel

: portes d’entrée, chiffrement, vol de données, destruction des sauvegardes.

2

Mettre en place les protections prioritaires

: sauvegardes déconnectées, mises à jour, accès distants sécurisés, droits limités.

3

Conduire les premières heures d’une attaque

: isoler, ne pas payer, conserver les preuves, porter plainte, notifier.

Introduction

Un lundi de juin, 8 h 15. Claire Verdier ouvre le dossier d’un projet sur le serveur de l’agence. Les plans ne s’ouvrent plus. Leurs noms se terminent par une extension inconnue. Dans chaque dossier, un fichier texte : « Vos fichiers ont été chiffrés et copiés. Payez l’équivalent de 12 000 € en cryptomonnaie sous 72 heures, sinon vos données seront publiées. »

L’attaque a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi. Les pirates sont entrés par le serveur de stockage de l’agence, un NAS resté accessible depuis internet pour que Julien puisse ouvrir ses plans de chez lui. Ses mises à jour automatiques étaient désactivées depuis quatorze mois. Un correctif existait pour la faille utilisée. Le disque de sauvegarde, branché en permanence sur le NAS, a été chiffré lui aussi.

L’agence a eu de la chance dans son malheur. La messagerie et le logiciel de facturation, en ligne, n’ont pas été touchés. Et Claire emportait chaque mois une copie sur un disque externe rangé chez elle : la dernière datait de trois semaines. Bilan : quatre jours d’arrêt, trois semaines de travail à reconstituer, une plainte et une notification à la CNIL.

Un rançongiciel peut arrêter une petite entreprise du jour au lendemain. Ce module reprend la fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr : comment l’attaque fonctionne, les protections qui comptent le plus et les gestes des premières heures.

1. Ce qu’est un rançongiciel

Un rançongiciel, en anglais ransomware, est un logiciel malveillant qui bloque l’accès à un équipement ou à des données, puis réclame une rançon. Dans la plupart des cas, il chiffre les fichiers : ils sont toujours là, mais illisibles sans une clé que seuls les pirates détiennent.

Les attaques récentes vont plus loin. Avant de chiffrer, les pirates copient les données. Ils menacent ensuite de les publier si la victime ne paie pas. On parle de double extorsion. Certaines attaques se contentent même du vol, sans chiffrement.

Cybermalveillance.gouv.fr décrit d’autres constantes :

Les sauvegardes sont visées : les pirates cherchent à les détruire pour empêcher la victime de restaurer ses données.

L’attaque part la nuit ou le week-end : c’est le moment où personne ne peut la repérer et l’interrompre à temps.

La pression s’ajoute : revendication publique, saturation du site internet, messages envoyés directement aux clients de la victime.

Le but reste l’argent. Parfois, l’attaque vise seulement à nuire : pertes d’exploitation, atteinte à l’image. Une petite entreprise n’est pas trop petite pour intéresser les pirates. Elle est souvent moins protégée et paie plus vite, faute de solution de repli.

Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA : « Décris heure par heure une attaque par rançongiciel contre une entreprise de cinq personnes, du vendredi soir au lundi matin, sans détail technique. » Lisez le récit en réunion. Chacun comprend pourquoi une alerte le samedi compte autant qu’une sauvegarde.

Exemples :

  • Chiffrement : les plans de l’agence gardent leur nom mais portent une nouvelle extension et ne s’ouvrent plus.
  • Double extorsion : le message menace de publier les plans et les coordonnées des clients.
  • Pression : un client reçoit un courriel des pirates lui annonçant que ses données vont fuiter.

2. Comment ils entrent

La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr est claire : dans la majorité des cas, les pirates exploitent des failles connues dont les correctifs n’ont pas été installés. Les portes d’entrée les plus fréquentes :

Une faille non corrigée sur un équipement exposé à internet : serveur de stockage, pare-feu, accès à distance. Les pirates balaient internet en permanence à la recherche de ces équipements.

Un accès à distance mal protégé : bureau à distance, VPN, NAS ouvert sur internet, protégés par un simple mot de passe, parfois celui d’usine.

Un compte volé : un mot de passe obtenu par hameçonnage ou réutilisé après une fuite, sans double authentification.

Une pièce jointe ou un lien piégé dans un courriel, qui installe un programme malveillant.

Un logiciel piraté ou d’origine douteuse, ou un site compromis visité au mauvais moment.

Chez Verdier Architectes, trois conditions étaient réunies : un NAS ouvert sur internet, des mises à jour arrêtées, une sauvegarde branchée en permanence. Aucune n’était exotique. C’est la situation de beaucoup de petites structures.

Avec l’IA. Décrivez à un assistant d’IA votre installation, sans adresse ni identifiant : nombre de postes, serveur ou NAS, accès depuis l’extérieur, outils en ligne. Demandez-lui : « Quelles sont mes trois portes d’entrée les plus probables pour un rançongiciel ? » Faites vérifier la réponse par votre prestataire.

Exemples :

  • Faille : NAS non mis à jour depuis quatorze mois, correctif disponible mais jamais installé.
  • Accès à distance : bureau à distance ouvert sur internet pour le télétravail, sans double authentification.
  • Compte volé : identifiants d’un salarié saisis sur une fausse page de connexion, puis réutilisés par les pirates.

3. Les protections de base

Cybermalveillance.gouv.fr liste une dizaine de mesures. Pour une petite entreprise, cinq font la plus grande différence.

Des sauvegardes déconnectées et testées. C’est la mesure qui sauve. Une sauvegarde branchée en permanence sera chiffrée avec le reste. Gardez au moins une copie hors ligne ou dans un service qui interdit sa modification. Vérifiez régulièrement que la restauration fonctionne. Le module « Sauvegardes » détaille la méthode.

Des mises à jour systématiques, en priorité sur les équipements exposés à internet : NAS, pare-feu, box, VPN. Le module « Mises à jour » y est consacré.

Un antivirus tenu à jour sur tous les postes et serveurs. Les solutions plus avancées surveillent les comportements suspects, comme un programme qui se met à chiffrer des centaines de fichiers.

Des mots de passe solides et la double authentification sur tous les accès depuis l’extérieur et sur les services en ligne qui contiennent vos données. Remplacez les mots de passe d’usine.

Des logiciels d’origine sûre : rien de piraté, rien de douteux.

Ajoutez deux habitudes simples tirées de la fiche. Ne pas utiliser un compte administrateur pour lire ses messages ou naviguer. Éteindre les machines quand on ne s’en sert pas : une machine éteinte ne se chiffre pas pendant le week-end.

Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA de transformer ces cinq mesures en une liste de vérification mensuelle de dix minutes pour une petite entreprise. Ajoutez-la à votre agenda. Une protection qui n’est vérifiée par personne finit toujours par s’arrêter sans bruit.

Exemples :

  • Sauvegarde : le disque de nuit est désormais débranché après chaque copie ; une autre copie part dans un service en ligne qui garde les versions pendant trente jours.
  • Mises à jour : les mises à jour automatiques du NAS sont réactivées, avec un contrôle mensuel.
  • Double authentification : activée sur les accès à distance et sur le logiciel de facturation.

4. Protéger l’organisation au-delà des postes

La page web de Cybermalveillance.gouv.fr ajoute des mesures d’organisation. Elles demandent souvent l’aide d’un prestataire, mais les décisions reviennent au dirigeant.

Fermer ou protéger les accès distants. Aucun serveur, NAS ou bureau à distance ne devrait être ouvert directement sur internet. On passe par un VPN, avec la double authentification, y compris pour la télémaintenance du prestataire.

Filtrer avec un pare-feu. N’autoriser que les machines et services utiles à l’activité. Bloquer les connexions depuis l’étranger si vous n’en avez pas besoin, ou en dehors des heures d’ouverture.

Limiter les droits selon le principe de moindre privilège : chacun n’accède qu’à ce dont il a besoin pour son travail. L’administration se fait depuis un compte dédié, qui ne sert pas à naviguer.

Sensibiliser l’équipe : message suspect, pièce jointe inattendue, réflexe d’alerte. Le module « Hameçonnage » en donne les clés.

Pour les structures plus grandes : surveiller les journaux des équipements, renforcer les connexions à internet, découper le réseau en zones pour qu’une attaque ne se propage pas partout.

Posez enfin la question de l’assurance. Un contrat « cyber » peut couvrir l’assistance technique, les pertes d’exploitation et la gestion de crise. La formation Acadigit consacre une séquence au choix de ces contrats.

Avec l’IA. Préparez avec un assistant d’IA dix questions à poser à votre prestataire : « Quels équipements sont visibles depuis internet ? Qui a un compte administrateur ? Comment vous connectez-vous chez nous ? » Envoyez-les avant votre prochain rendez-vous. Les réponses feront un premier état des lieux.

Exemples :

  • Après l’attaque, le NAS de l’agence n’est plus visible depuis internet ; Julien y accède par un VPN avec double authentification.
  • Tom et Sofia n’ont plus accès au dossier comptable, qui ne les concerne pas.
  • Le prestataire se connecte pour la maintenance par un accès dédié, activé seulement pendant ses interventions.

5. Les premières heures : isoler et alerter

Si un rançongiciel se déclare, les premières minutes comptent. Suivez l’ordre recommandé par Cybermalveillance.gouv.fr.

Coupez les connexions à internet du réseau attaqué, pour bloquer toute communication avec les pirates. Le plus simple : éteindre la box internet.

Déconnectez les machines touchées du réseau : câble débranché, wifi coupé. Débranchez aussi les sauvegardes encore connectées, pour éviter leur destruction.

N’éteignez pas les machines touchées. Leur mémoire contient des traces utiles à l’enquête. Exception : si le chiffrement est encore en cours, une mise en veille prolongée peut sauver des fichiers.

Ne rallumez pas les machines éteintes qui ont pu être épargnées.

Alertez tout de suite votre prestataire informatique. Sans prestataire, suivez le parcours d’assistance de 17Cyber.

Pilotez la crise : désignez qui décide et qui communique, tenez un registre daté de tout ce qui est fait, informez clients, salariés et partenaires avec le bon niveau de transparence. Prévoyez des solutions de secours pour continuer l’activité la plus urgente.

Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA de rédiger un court message aux clients après une cyberattaque : ce qui s’est passé, ce que vous faites, ce qu’ils doivent surveiller, qui contacter. Gardez-le prêt dans un document hors du réseau de l’entreprise. Faites-le relire par un conseil avant tout envoi réel.

Exemples :

  • Chez Verdier Architectes : box éteinte par Claire à 8 h 20, NAS débranché du réseau mais laissé allumé, prestataire appelé à 8 h 25.
  • Registre de crise tenu sur papier par Inès : heure, action, personne, observation.
  • Message aux clients préparé le jour même, envoyé depuis la messagerie en ligne restée saine.

6. Ne pas payer, conserver les preuves, porter plainte

Ne payez pas la rançon. Rien ne garantit que vous récupérerez vos données, ni que les données volées ne seront pas publiées ou revendues. Payer finance les pirates, les encourage à revenir et à augmenter leurs prix.

Conservez les preuves, ou faites-les conserver par un professionnel : message de rançon, quelques fichiers chiffrés, journaux du pare-feu et des équipements, copies des disques touchés.

Portez plainte au commissariat, à la gendarmerie ou par écrit au procureur de la République. Faites-le avant de réinstaller les machines, pour que les preuves techniques restent disponibles. Ces faits relèvent de l’extorsion (article 312-1 du code pénal, sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende) et de l’atteinte aux systèmes de traitement automatisé de données (articles 323-1 à 323-7).

Prévenez votre assureur. Avec une assurance cyber, la loi du 24 janvier 2023 impose de porter plainte dans les 72 heures qui suivent la découverte de l’attaque pour être indemnisé.

Notifiez la CNIL dans les 72 heures si des données personnelles ont pu être consultées, modifiées ou détruites : clients, salariés, fournisseurs. C’est une obligation du RGPD (article 33), sous peine de sanctions.

Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA la liste des informations demandées pour notifier une violation de données à la CNIL, puis comparez-la au formulaire officiel. Préparez un modèle vide avec ces rubriques. Le jour J, vous n’aurez plus qu’à le remplir.

Exemples :

  • L’agence n’a pas payé : elle a porté plainte le lundi même, avec le message de rançon et des fichiers chiffrés sur clé USB.
  • Les plans contenaient noms et adresses de clients : notification à la CNIL le mardi.
  • Sans assurance cyber, Claire a tout financé seule. Elle a souscrit un contrat en septembre.

7. Redémarrer proprement et tirer les leçons

La reprise est une étape à part entière. Réinstaller trop vite, c’est souvent réinstaller la porte d’entrée.

Trouvez l’origine de l’attaque : faille, accès à distance, compte volé, pièce jointe. Tant qu’elle n’est pas fermée, les pirates peuvent revenir.

Mesurez l’étendue : comptes créés par les pirates, programmes inconnus, autres machines touchées, données volées.

Cherchez une solution de déchiffrement : le site No More Ransom, soutenu par Europol, en propose pour certains rançongiciels. Cela marche rarement, mais cela vaut une vérification.

Réinstallez les systèmes touchés à partir d’une base saine, puis restaurez vos données depuis une sauvegarde antérieure à l’attaque et vérifiée.

Changez tous les mots de passe des équipements et des utilisateurs qui ont pu être compromis.

Mettez tout à jour avant de reconnecter, puis remettez en service progressivement, en surveillant le moindre signe d’une nouvelle intrusion.

Faites-vous aider par des professionnels qualifiés : Cybermalveillance.gouv.fr en recense partout en France.

Une fois la crise passée, réunissez l’équipe une heure. Qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qui a manqué ? Qui fait quoi la prochaine fois ?

Avec l’IA. Après un incident, même mineur, donnez à un assistant d’IA votre registre de crise anonymisé. Demandez-lui un retour d’expérience en trois colonnes : ce qui a fonctionné, ce qui a manqué, l’action et son responsable. Validez chaque action en équipe.

Exemples :

  • Origine trouvée par le prestataire : la faille du NAS, corrigée avant la remise en service.
  • Restauration depuis le disque de Claire, puis reconstitution des trois dernières semaines à partir des courriels et des copies personnelles de Julien.
  • Leçons de l’agence : NAS fermé à internet, sauvegardes en trois exemplaires, inventaire des mises à jour, assurance cyber.

Résumé

Un rançongiciel chiffre vos données, souvent après les avoir copiées, puis réclame une rançon. Il entre le plus souvent par une faille non corrigée, un accès à distance mal protégé ou un compte volé. Il frappe la nuit ou le week-end et vise vos sauvegardes.

Les protections prioritaires : des sauvegardes déconnectées et testées, des mises à jour systématiques, un antivirus, des accès distants fermés ou protégés par la double authentification, des droits limités.

En cas d’attaque : couper internet, isoler les machines sans les éteindre, alerter le prestataire ou 17Cyber, piloter la crise. Ne pas payer. Conserver les preuves, porter plainte avant de réinstaller, prévenir l’assureur, notifier la CNIL sous 72 heures si des données personnelles sont touchées.

Préparez le plan de réaction et l’annuaire de crise de l’annexe : c’est la troisième page du plan de sécurité de votre entreprise.

Questions fréquentes

Une TPE intéresse-t-elle vraiment les pirates ?

Oui. La plupart des attaques ne visent pas une entreprise choisie : des robots cherchent les équipements mal protégés, quelle que soit la taille de leur propriétaire. Une petite structure est souvent moins défendue et plus pressée de reprendre son activité, ce qui en fait une cible rentable.

Faut-il payer la rançon pour récupérer ses fichiers ?

Non. Payer ne garantit ni la remise d’une clé qui fonctionne, ni la suppression des données volées. Vous financez les pirates et vous signalez que vous payez, ce qui vous expose à de nouvelles attaques. Une sauvegarde déconnectée reste la seule vraie assurance de récupération.

Mes données sont en ligne : suis-je à l’abri ?

Pas totalement. Les services en ligne réputés sont mieux protégés qu’un serveur de bureau, mais un compte volé suffit à y chiffrer ou supprimer des fichiers synchronisés. Activez la double authentification et vérifiez que le service conserve les versions précédentes de vos fichiers.

Dois-je prévenir mes clients après une attaque ?

Si leurs données personnelles ont pu être touchées, vous devez notifier la CNIL sous 72 heures et, quand le risque est élevé, informer les personnes concernées. Même sans obligation, un message clair et rapide limite les dégâts : les pirates contactent parfois eux-mêmes les clients.

Que change une assurance cyber ?

Elle peut financer l’assistance technique, la reconstitution des données, les pertes d’exploitation et la communication de crise, selon le contrat. La loi impose de porter plainte dans les 72 heures pour être indemnisé. Lisez les exclusions : certains contrats exigent des sauvegardes ou des mises à jour.

Termes clés

  • Rançongiciel : logiciel malveillant qui bloque l’accès à des données ou à un système, souvent en les chiffrant, puis réclame une rançon ; en anglais, ransomware.
  • Chiffrement : transformation de données en un contenu illisible sans la clé qui permet de les déchiffrer.
  • Double extorsion : attaque où les pirates copient les données avant de les chiffrer, puis menacent de les publier si la rançon n’est pas payée.
  • Faille de sécurité : défaut d’un logiciel ou d’un équipement qu’un pirate peut exploiter pour en prendre le contrôle ; une mise à jour la corrige.
  • Accès distant : moyen de se connecter depuis l’extérieur au réseau ou à un appareil de l’entreprise, par exemple un VPN ou un bureau à distance.
  • Principe de moindre privilège : règle qui consiste à ne donner à chaque utilisateur que les droits strictement nécessaires à son travail.
  • Sauvegarde hors ligne : copie des données conservée sur un support déconnecté du réseau, hors de portée d’une attaque.

Références

QCM (une seule bonne réponse par question)

Question 1 — Un rançongiciel :

  1. Bloque ou chiffre vos données, puis réclame une rançon
  2. Espionne seulement votre webcam
  3. Ralentit votre connexion internet pour vous faire changer d’opérateur

Question 2 — Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les pirates entrent le plus souvent par :

  1. Une coupure de courant
  2. Des failles connues dont les correctifs n’ont pas été installés
  3. Un écran d’ordinateur endommagé

Question 3 — Pourquoi les attaques sont-elles souvent lancées la nuit ou le week-end ?

  1. Parce que l’électricité coûte moins cher
  2. Par pur hasard
  3. Parce qu’elles ont moins de chances d’être repérées et interrompues

Question 4 — Une sauvegarde sur un disque branché en permanence au serveur :

  1. Risque d’être chiffrée en même temps que les données
  2. Est protégée automatiquement contre les rançongiciels
  3. Rend l’attaque impossible

Question 5 — Premier geste quand un rançongiciel se déclare :

  1. Payer vite pour limiter les dégâts
  2. Couper internet et déconnecter les machines touchées du réseau
  3. Éteindre et rallumer tous les postes

Question 6 — Faut-il éteindre les machines touchées ?

  1. Oui, toujours et tout de suite
  2. Non, il faut les formater immédiatement
  3. Non, leur mémoire contient des preuves, sauf si le chiffrement est encore en cours

Question 7 — Payer la rançon :

  1. Garantit la récupération des fichiers
  2. Est obligatoire quand on est assuré
  3. Ne garantit rien et encourage les pirates

Question 8 — Quand porter plainte ?

  1. Avant de réinstaller les machines, pour conserver les preuves
  2. Après avoir tout réinstallé
  3. Jamais, cela ne sert à rien

Question 9 — Des données personnelles de clients ont pu être consultées. Vous devez notifier la CNIL :

  1. Dans les 30 jours
  2. Jamais, si vous n’avez pas payé
  3. Dans les 72 heures

Question 10 — Le principe de moindre privilège consiste à :

  1. Donner les droits d’administrateur à tout le monde
  2. Ne donner à chacun que les droits nécessaires à son travail
  3. Limiter les droits des seuls stagiaires
Voir les réponses et les explications

Réponses : 1→1 · 2→2 · 3→3 · 4→1 · 5→2 · 6→3 · 7→3 · 8→1 · 9→3 · 10→2

Explications.

  1. Le rançongiciel bloque ou chiffre, puis réclame une rançon ; il vole souvent les données au passage.
  2. La fiche souligne que la majorité des attaques exploitent des failles connues, non corrigées.
  3. Une attaque lancée quand personne ne surveille a le temps de chiffrer un maximum de données.
  4. Tout ce qui est connecté peut être chiffré : il faut au moins une copie déconnectée.
  5. Couper internet et isoler les machines arrête la propagation et la communication avec les pirates.
  6. La mémoire des machines garde des traces utiles à l’enquête ; seule exception, un chiffrement en cours.
  7. Rien n’oblige les pirates à tenir parole ; payer finance leurs prochaines attaques.
  8. Réinstaller efface les preuves techniques ; la plainte vient avant.
  9. Le RGPD impose la notification d’une violation de données sous 72 heures.
  10. Moins un compte a de droits, moins un pirate qui le vole peut faire de dégâts.

Exercices

Exercice 1 — Évaluer la perte de données acceptable (15 min) Pour chaque type de données de votre entreprise (devis et factures, commandes, dossiers clients ou plans, messages, agenda), estimez l’impact de la perte d’un jour, d’une semaine et d’un mois : faible, gênant ou grave. Déduisez-en la fréquence de sauvegarde nécessaire pour chacun.

Exercice 2 — Les premières heures chez Verdier Architectes (10 min) Classez ces actions dans l’ordre et indiquez qui s’en charge (Claire, Inès, le prestataire) : notifier la CNIL ; éteindre la box internet ; appeler le prestataire ; débrancher le NAS du réseau sans l’éteindre ; porter plainte ; ouvrir un registre de crise ; prévenir les clients ; restaurer depuis le disque de Claire.

Exercice 3 — Préparer votre annuaire de crise (20 min) Remplissez le second tableau de l’annexe pour votre entreprise. Pour chaque ligne vide, notez comment obtenir l’information et avant quelle date. Imprimez l’annuaire et rangez un exemplaire hors du bureau.

Corrections des exercices

Exercice 1 — Exemple de Verdier Architectes. Plans en cours : perte d’un jour gênante, d’une semaine grave ; sauvegarde quotidienne. Devis et factures : dans le logiciel en ligne, perte d’un jour faible ; vérifier que l’éditeur sauvegarde et exporter chaque mois. Messages : en ligne, versions conservées par le service ; export trimestriel. Agenda : perte d’une semaine gênante ; synchronisation en ligne suffisante. Dossiers administratifs : perte d’un mois gênante ; sauvegarde hebdomadaire. La question « combien de jours de travail puis-je perdre ? » fixe la fréquence mieux que n’importe quelle règle générale.

Exercice 2 — Ordre proposé :

  1. Claire : éteindre la box internet.
  2. Inès : débrancher le NAS du réseau sans l’éteindre.
  3. Claire : appeler le prestataire.
  4. Inès : ouvrir un registre de crise (heure, action, personne).
  5. Claire : porter plainte, avec le message de rançon et des fichiers chiffrés.
  6. Claire : prévenir les clients, depuis la messagerie en ligne restée saine.
  7. Claire : notifier la CNIL dans les 72 heures.
  8. Prestataire : restaurer depuis le disque de Claire, une fois la faille corrigée.

La restauration vient en dernier : restaurer avant d’avoir fermé la porte d’entrée, c’est offrir aux pirates une seconde chance.

Exercice 3 — Exemple rempli par Claire : prestataire (numéro direct et portable), banque (conseiller et numéro d’urgence), assureur (à trouver : aucun contrat cyber, devis demandé avant fin septembre), expert-comptable, 17Cyber, CNIL (formulaire en ligne), commissariat de Saint-Germain-en-Laye. Un annuaire rangé uniquement sur le serveur attaqué ne sert à rien : gardez une copie papier et une copie sur votre téléphone.

Annexe — Plan de réaction « rançongiciel »

Premières heures : cochez au fur et à mesure et notez l’heure.

Action Qui Heure
Couper internet (éteindre la box)
Déconnecter du réseau les machines touchées, sans les éteindre
Débrancher les sauvegardes encore connectées
Ne pas rallumer les machines éteintes
Alerter le prestataire ou suivre le parcours 17Cyber
Ouvrir le registre de crise
Conserver les preuves (message de rançon, fichiers chiffrés, journaux)
Ne pas payer la rançon
Porter plainte avant toute réinstallation
Prévenir l’assureur (plainte sous 72 heures)
Notifier la CNIL sous 72 heures si des données personnelles sont touchées
Informer clients, salariés et partenaires
Trouver et fermer la porte d’entrée avant de restaurer

Annuaire de crise, à garder aussi sur papier.

Contact Nom Téléphone Courriel ou lien
Prestataire informatique
Contact de secours du prestataire
Banque (urgence)
Assureur (contrat cyber)
Expert-comptable
Commissariat ou gendarmerie
Assistance aux victimes 17Cyber 17cyber.gouv.fr
CNIL (notification) cnil.fr
Personne qui décide pendant la crise
Personne qui communique

No More Ransom, projet soutenu par Europol, est cité à titre d’exemple. Acadigit n’est ni affiliée, ni sponsorisée, ni approuvée par ses éditeurs, ni par le dispositif Cybermalveillance.gouv.fr. Ce module a été rédigé avec l’aide de l’IA, puis relu, amélioré et validé par Acadigit.

Source et licence

Source : Cybermalveillance.gouv.fr – contenu adapté par Acadigit – Licence Ouverte Etalab 2.0 – source mise à jour : 7 mai 2026 (fiche PDF : version V230417).

Ce support Acadigit reprend et adapte des contenus publiés par Cybermalveillance.gouv.fr sous Licence Ouverte Etalab 2.0. Les adaptations et compléments sont réalisés par Acadigit.

Module 3 · Cybersécurité : les bons réflexes

Passez à l’action

Remplissez le livrable de ce module : module après module, il construit le plan de sécurité de votre entreprise.