5 · Usages pro et perso : tracer la frontière pour protéger l’entreprise
Module 5 · Cybersécurité : les bons réflexes
Usages pro et perso : tracer la frontière pour protéger l’entreprise
Votre messagerie perso, votre cloud gratuit, le wifi du café : où s’arrête le travail ? Chaque passage entre vie privée et vie professionnelle peut exposer l’entreprise. Voici les dix bonnes pratiques de Cybermalveillance.gouv.fr et une charte à adapter.
Objectifs pédagogiques
Ce que vous allez apprendre
Identifier les usages croisés
qui exposent l’entreprise : mots de passe communs, messagerie ou stockage personnels, appareils partagés.
Appliquer les dix bonnes pratiques
pro-perso : comptes séparés, équipements à jour, clés USB et wifi publics évités.
Fixer des règles d’équipe
: outils professionnels fournis, charte connue de tous, contrôle proportionné et annoncé.
Introduction
Après l’attaque de juin, le prestataire de Verdier Architectes a passé une journée à comprendre comment l’agence travaillait vraiment. Il a trouvé ce qu’on trouve dans beaucoup de petites structures. Julien, architecte, gardait une copie de ses plans sur son stockage en ligne personnel. Il transférait ses courriels professionnels vers sa messagerie privée pour travailler le soir sur l’ordinateur familial, que ses enfants utilisent aussi. Il avait branché sur son poste une clé USB reçue sur un salon. Il répondait aux clients depuis le wifi d’un café.
Aucune de ces habitudes n’était malveillante. Toutes étaient pratiques. La copie personnelle des plans a même aidé à reconstituer deux dossiers après l’attaque. Mais elle exposait des données de clients sur un compte que l’agence ne contrôlait pas, protégé par un mot de passe que Julien utilisait aussi ailleurs.
Smartphones, portables et télétravail ont rendu la frontière entre vie professionnelle et vie privée poreuse. Ce module reprend les dix bonnes pratiques de Cybermalveillance.gouv.fr pour les usages pro-perso. Il montre aussi ce que l’entreprise doit organiser de son côté.
1. Une frontière devenue poreuse
On consulte sa messagerie professionnelle sur son téléphone personnel. On règle une facture privée depuis le poste du bureau. On travaille le soir sur l’ordinateur familial. Chaque passage d’un monde à l’autre ouvre une porte.
Dans un sens, un incident personnel devient professionnel : un compte privé piraté donne accès à des fichiers de l’entreprise, un virus attrapé sur un site de jeux atteint le réseau du bureau.
Dans l’autre sens, un usage professionnel expose la vie privée : un message personnel qui circule au bureau, des activités privées visibles par l’employeur sur une connexion qu’il a le droit de contrôler.
La fiche de Cybermalveillance.gouv.fr parle d’« entreprise » au sens large : société, association, collectivité, cabinet libéral. Les mêmes règles valent pour un indépendant, qui mélange souvent tout sur un seul ordinateur. Pour lui, la séparation passe par des comptes et des sessions distincts plutôt que par deux appareils.
L’objectif n’est pas d’interdire toute porosité. C’est de savoir où elle se trouve et de la rendre sûre.
Avec l’IA. Décrivez à un assistant d’IA une journée type de travail, du réveil au soir, sans nom ni identifiant. Demandez-lui de repérer chaque moment où un usage personnel croise un usage professionnel, avec le risque associé. Vous obtenez la matière de l’exercice 1.
Exemples :
- Un salarié consulte sa messagerie privée sur son poste et clique sur un lien piégé : le poste de l’entreprise est touché.
- Une gérante stocke les contrats de ses clients sur son compte en ligne personnel : un piratage de ce compte expose les clients.
- Un indépendant utilise la même session d’ordinateur pour ses jeux et sa comptabilité : un jeu téléchargé hors du magasin officiel infecte tout.
2. Des mots de passe et des messageries séparés
Utilisez des mots de passe différents pour tous vos services, personnels et professionnels. Si un service personnel se fait pirater, un mot de passe réutilisé ouvre aussi vos comptes les plus importants. Parfois même le système informatique de l’entreprise. Le cybercriminel peut alors voler ou détruire des informations. Le module « Mots de passe » montre comment tenir cette règle avec un gestionnaire.
Ne mélangez pas votre messagerie professionnelle et personnelle. Mélanger, c’est s’exposer aux erreurs de destinataire : un document confidentiel qui part vers un contact privé, un message trop personnel qui circule au bureau. C’est aussi placer des informations de l’entreprise sur une messagerie personnelle, en général bien moins protégée. Si elle est piratée, les messages professionnels qu’elle contient le sont aussi.
Le transfert automatique des courriels professionnels vers une adresse privée est une variante du même risque. Il fait sortir en continu des données de l’entreprise vers un compte qu’elle ne maîtrise pas. Pour travailler à distance, on utilise l’accès prévu par l’entreprise : messagerie en ligne, application professionnelle, accès sécurisé.
Côté droit, la CNIL rappelle que les courriels envoyés ou reçus avec les outils de l’entreprise sont présumés professionnels. L’employeur peut les consulter, sauf ceux clairement identifiés comme personnels, par exemple avec la mention « Personnel » ou « Privé » dans l’objet.
Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA comment repérer et supprimer une règle de transfert automatique dans votre messagerie, en précisant laquelle vous utilisez. Vérifiez la manipulation sur l’aide officielle, puis contrôlez chaque boîte de l’équipe, avec l’accord de chacun.
Exemples :
- Julien supprime sa règle de transfert vers sa messagerie privée et travaille le soir par la messagerie en ligne de l’agence.
- Inès utilise deux mots de passe différents pour sa messagerie professionnelle et pour son compte personnel.
- Un message personnel envoyé depuis le poste du bureau porte la mention « Personnel » dans l’objet.
3. Internet au travail et réseaux sociaux
Ayez une utilisation responsable d’internet au travail. Un usage personnel raisonnable de la connexion professionnelle est souvent toléré. Mais vos actes engagent l’entreprise : téléchargement illégal, atteinte au droit d’auteur, propos condamnables. Elle pourra se retourner contre vous. Et elle est en droit de contrôler l’usage de la connexion qu’elle met à votre disposition.
Ce contrôle a des limites fixées par la CNIL. Il doit poursuivre un objectif légitime, comme la sécurité du réseau ou la prévention des abus. Il doit rester proportionné. Les représentants du personnel doivent être informés ou consultés avant sa mise en place. Chaque salarié doit en connaître les finalités et ses droits, par exemple par une charte ou une note de service. En pratique : n’utilisez pas la connexion du travail pour ce qui, selon vous, n’a pas à être connu de l’entreprise.
Maîtrisez vos propos sur les réseaux sociaux. Quand vous parlez de votre travail, de l’ambiance ou des projets en cours, vous ne contrôlez pas vos lecteurs. Même un message positif peut être repris, déformé et nuire à l’entreprise ou à ses clients. À l’inverse, certains propos privés n’ont pas à être connus de votre employeur. Verrouillez votre profil pour que tout ne soit pas public. Avant de publier, demandez-vous ce qui se passerait si une personne malintentionnée relayait votre message.
Avec l’IA. Avant de publier sur un projet professionnel, soumettez votre brouillon à un assistant d’IA, sans nom de client : « Ce message révèle-t-il des informations confidentielles, l’identité ou l’adresse d’un client, ou quelque chose qui pourrait nuire à l’entreprise ? » Décidez ensuite vous-même.
Exemples :
- Photo d’un chantier publiée par Tom : la plaque de la rue et le visage du client sont visibles. Elle est retirée, puis republiée recadrée avec l’accord du client.
- Un salarié évoque sur un réseau social un « gros contrat en cours » avec un concurrent de son ancien employeur : information confidentielle diffusée.
- Un salarié règle ses achats personnels sur le poste du bureau : l’historique est consultable par l’employeur.
4. Le stockage en ligne personnel
N’utilisez pas de service de stockage en ligne personnel à des fins professionnelles, du moins pas sans l’autorisation de votre employeur et sans les mesures de sécurité nécessaires. Ces services, souvent gratuits pour les particuliers, sont pratiques. Mais ils ne sont pas conçus pour protéger les informations d’une entreprise. Il existe pour cela des offres professionnelles, avec gestion des accès, journalisation et récupération.
Le stockage personnel crée ce qu’on appelle l’informatique fantôme : des outils utilisés pour le travail sans que l’entreprise le sache. Trois risques en découlent.
Le piratage : le compte personnel, protégé par un mot de passe parfois réutilisé et sans double authentification, devient la porte d’accès aux données de l’entreprise.
Le départ : quand le salarié quitte l’entreprise, les fichiers partent avec lui, sans que personne ne puisse les récupérer ni les effacer.
La conformité : des données personnelles de clients stockées hors des outils déclarés échappent au registre des traitements du RGPD et aux mesures de sécurité que l’entreprise doit garantir.
L’exemple de Julien montre l’ambiguïté. Sa copie personnelle a aidé à reconstituer deux dossiers après l’attaque. Mais la bonne réponse n’était pas son compte privé : c’était une sauvegarde professionnelle, déconnectée et testée. Le module « Sauvegardes » en détaille la méthode.
Avec l’IA. Listez à un assistant d’IA les usages de stockage de votre équipe (partage de gros fichiers avec les clients, travail à distance, synchronisation du téléphone) et demandez-lui les critères de choix d’une offre professionnelle : double authentification, gestion des accès, localisation des données, restauration. Comparez ensuite les offres réelles sur les sites des éditeurs.
Exemples :
- Verdier Architectes ouvre un espace de stockage professionnel, avec un dossier partagé par projet ; Julien supprime ses copies personnelles.
- Un salarié envoie de gros plans à un client par un service de transfert gratuit : l’agence choisit un outil professionnel avec lien expirant.
- À la fin d’un stage, l’agence récupère les fichiers de travail du stagiaire, tous stockés dans l’espace professionnel.
5. Des équipements à jour, protégés et réservés
Trois pratiques de la fiche portent sur les appareils eux-mêmes, qu’ils soient personnels ou professionnels, dès lors qu’ils servent au travail.
Faites les mises à jour de sécurité dès leur publication, sur l’ordinateur, le téléphone et la tablette. Elles corrigent des failles qui permettraient à un pirate de prendre le contrôle de l’appareil et d’accéder à vos informations ou à celles de l’entreprise.
Utilisez une solution de sécurité contre les virus et les autres attaques. Tenez-la à jour. Aucune n’est infaillible, mais un appareil personnel piraté qui se connecte au réseau de l’entreprise y fait entrer le pirate.
N’installez des applications que depuis les sites ou magasins officiels. Méfiez-vous des sites parallèles et des applications payantes proposées gratuitement : elles sont généralement piégées. Regardez le nombre de téléchargements et les avis avant d’installer. Au moindre doute, choisissez-en une autre.
Ajoutons une règle que la fiche ne formule pas : un appareil qui sert au travail ne se prête pas. L’ordinateur professionnel n’est pas l’ordinateur de jeux des enfants. Si un appareil familial sert aussi au travail, créez au moins une session séparée, protégée par un mot de passe.
Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA comment créer une session utilisateur séparée, protégée par un mot de passe, sur l’ordinateur familial que vous utilisez aussi pour travailler. Précisez votre système. Vérifiez la procédure sur l’aide officielle avant de l’appliquer.
Exemples :
- L’ordinateur familial de Julien a désormais une session « Travail » protégée par un mot de passe, en attendant un portable professionnel.
- Le téléphone personnel de Sofia, qui reçoit la messagerie de l’agence, installe les mises à jour automatiquement.
- Un logiciel de retouche payant proposé gratuitement sur un site parallèle : Tom ne l’installe pas.
6. Clés USB et wifi publics
Méfiez-vous des supports USB. Vous trouvez ou on vous offre une clé USB, ou tout autre support à brancher. Partez du principe qu’elle est piégée : même un spécialiste aurait du mal à s’en apercevoir. Ne la branchez ni sur vos appareils personnels, ni surtout sur les appareils de l’entreprise. Utilisez une clé pour vos usages personnels et une autre pour vos usages professionnels, pour qu’une infection ne passe pas de l’une à l’autre.
Évitez les réseaux wifi publics ou inconnus. Gares, hôtels, cafés, salons : ces réseaux peuvent être contrôlés par des cybercriminels. Ils peuvent intercepter vos connexions et récupérer vos identifiants, vos messages, vos documents, voire vos données de carte bancaire. Depuis un wifi public, n’échangez jamais d’informations confidentielles.
Deux solutions simples permettent de s’en passer. Le partage de connexion de votre téléphone, protégé par un mot de passe, crée votre propre réseau. Et si l’entreprise en fournit un, le VPN professionnel chiffre toute la connexion jusqu’au réseau de l’entreprise.
Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA comment activer le partage de connexion de votre téléphone avec un mot de passe solide. Demandez aussi comment suivre la consommation de données de votre forfait. Préparez-le avant votre prochain déplacement, pas sur place.
Exemples :
- La clé USB du salon : Julien la remet au prestataire, qui la détruit sans l’analyser sur le réseau de l’agence.
- Au café, Julien répond désormais aux clients par le partage de connexion de son téléphone.
- Deux clés USB par personne à l’agence, une jaune pour le travail, une bleue pour le personnel.
7. Organiser : outils fournis, règles écrites
Les bonnes pratiques individuelles ne suffisent pas si l’entreprise ne fait pas sa part. Un salarié qui utilise ses propres outils le fait souvent parce qu’on ne lui en a pas fourni.
Fournissez les outils professionnels : messagerie, stockage partagé, accès à distance sécurisé, clés USB professionnelles. Si possible, un ordinateur et un téléphone professionnels. C’est la meilleure protection contre l’informatique fantôme.
Encadrez l’équipement personnel quand il est admis. Utiliser son propre téléphone ou son ordinateur pour travailler est courant dans les petites structures. Fixez des conditions minimales : code de verrouillage, mises à jour, antivirus, applications professionnelles séparées, effacement des données de l’entreprise au départ.
Écrivez les règles dans une charte informatique courte : mots de passe, messagerie, stockage, internet et réseaux sociaux, appareils, clés USB, wifi, départs. La CNIL indique que l’information des salariés sur les contrôles peut passer par une charte, annexée ou non au règlement intérieur, ou par une note de service. Associez les représentants du personnel quand il y en a et faites relire le texte par un conseil.
Prévoyez les départs : récupération du matériel, fermeture des comptes, changement des mots de passe partagés, transfert des fichiers.
Avec l’IA. Demandez à un assistant d’IA de rédiger une charte « usages pro et perso » d’une page pour une entreprise de [nombre] personnes, à partir des dix bonnes pratiques de ce module. Adaptez-la à vos outils, puis faites-la valider par un conseil avant de la diffuser. C’est le livrable de ce module.
Exemples :
- Verdier Architectes : portable professionnel pour Julien, espace de stockage partagé, charte d’une page signée par les cinq personnes.
- Un cabinet de trois personnes accepte les téléphones personnels, à condition qu’ils soient verrouillés, à jour et que la messagerie passe par l’application professionnelle.
- Au départ d’un salarié, une liste de contrôle de dix lignes est suivie le dernier jour.
Résumé
La frontière entre usages professionnels et personnels est devenue poreuse. Chaque passage d’un monde à l’autre peut exposer l’entreprise, ou la vie privée du salarié.
Côté individuel, dix bonnes pratiques : des mots de passe différents, des messageries séparées, un usage responsable d’internet au travail, des propos maîtrisés sur les réseaux sociaux, pas de stockage personnel pour le travail, des équipements à jour et protégés, des applications officielles, aucune clé USB inconnue, pas de wifi public pour les échanges confidentiels.
Côté entreprise : fournir les outils professionnels, encadrer l’équipement personnel, écrire une charte courte, annoncer tout contrôle et préparer les départs.
Adaptez la charte de l’annexe : c’est la cinquième page du plan de sécurité de votre entreprise.
Questions fréquentes
Mon employeur peut-il lire mes courriels au travail ?
Les courriels envoyés ou reçus avec les outils de l’entreprise sont présumés professionnels : l’employeur peut les consulter. Ceux clairement identifiés comme personnels, par exemple avec « Personnel » dans l’objet, sont protégés, sauf décision de justice ou circonstances particulières. Tout contrôle doit être annoncé aux salariés.
Puis-je utiliser mon téléphone personnel pour le travail ?
Oui, si l’entreprise l’accepte et fixe des conditions : code de verrouillage, mises à jour, antivirus, applications professionnelles séparées. Prévoyez comment les données de l’entreprise seront effacées si vous perdez le téléphone ou quittez l’entreprise. Mieux vaut un téléphone professionnel quand c’est possible.
Un stockage en ligne gratuit suffit-il pour une petite entreprise ?
Pas pour des données professionnelles. Les offres pour particuliers ne gèrent ni les accès de plusieurs personnes, ni la récupération au départ d’un salarié, ni toujours la double authentification. Une offre professionnelle coûte peu et règle ces trois points.
Le wifi de l’hôtel est protégé par un mot de passe : est-il sûr ?
Pas vraiment. Le mot de passe est partagé avec tous les clients, dont peut-être un pirate. Pour vos échanges professionnels, préférez le partage de connexion de votre téléphone ou le VPN de l’entreprise.
Faut-il une charte informatique dans une petite entreprise ?
Rien ne l’impose en soi, mais une page de règles claires évite bien des erreurs et informe les salariés des contrôles, ce que la loi exige dès qu’il y en a. Associez les représentants du personnel s’il y en a et faites relire la charte par un conseil.
Termes clés
- Usages pro-perso : utilisation croisée d’outils, de comptes ou d’appareils pour la vie professionnelle et la vie privée.
- Équipement personnel au travail : usage de son propre téléphone ou ordinateur pour travailler ; en anglais, BYOD, « apportez votre propre appareil ».
- Informatique fantôme : outils et services utilisés pour le travail sans l’accord ni la connaissance de l’entreprise ; en anglais, shadow IT.
- Charte informatique : document qui fixe les règles d’usage des outils numériques de l’entreprise et informe les salariés des contrôles.
- Stockage en ligne : service qui conserve des fichiers sur des serveurs accessibles par internet ; en anglais, cloud.
- Réseau wifi public : réseau sans fil ouvert au public, dans un café, une gare ou un hôtel, que d’autres utilisateurs peuvent surveiller.
- Partage de connexion : fonction qui transforme un téléphone en point d’accès wifi privé, protégé par un mot de passe.
Références
- Cybermalveillance.gouv.fr — La sécurité des usages pro-perso
- CNIL — Les outils informatiques au travail
- Cybermalveillance.gouv.fr — Mots de passe : les bonnes pratiques
- Cybermalveillance.gouv.fr — Que faire en cas de cyberattaque ? Consignes pour les collaborateurs
- CNIL — Cybersécurité
QCM (une seule bonne réponse par question)
Question 1 — Pourquoi ne pas utiliser le même mot de passe pour un service personnel et pour l’entreprise ?
- Parce qu’un service personnel piraté ouvrirait aussi l’accès à l’entreprise
- Parce que la loi l’interdit expressément
- Parce que cela ralentit la connexion
Question 2 — Transférer automatiquement ses courriels professionnels vers sa messagerie privée :
- Est pratique et sans risque
- Fait sortir des informations de l’entreprise vers un compte moins protégé
- Est obligatoire en télétravail
Question 3 — L’employeur peut-il contrôler l’usage de la connexion internet qu’il fournit ?
- Jamais
- Seulement avec l’accord écrit du salarié à chaque contrôle
- Oui, dans un but légitime, de façon proportionnée et après en avoir informé les salariés
Question 4 — Publier la photo d’un chantier chez un client sur son profil personnel :
- Est sans risque si le message est positif
- Peut nuire au client ou à l’entreprise : il faut se demander avant ce qui est visible
- Est obligatoire pour la visibilité de l’entreprise
Question 5 — Utiliser son stockage en ligne personnel pour des fichiers de clients :
- À éviter sans autorisation : des offres professionnelles existent
- Conseillé, car c’est gratuit
- Obligatoire pour le télétravail
Question 6 — On vous offre une clé USB sur un salon professionnel. Vous :
- La branchez sur l’ordinateur de l’entreprise pour voir son contenu
- La branchez sur votre ordinateur personnel
- Partez du principe qu’elle est piégée et ne la branchez pas
Question 7 — Vous devez envoyer un devis depuis un café. La meilleure option :
- Le partage de connexion de votre téléphone, protégé par un mot de passe
- Le wifi du café, puisque le mot de passe est affiché au comptoir
- N’importe quel réseau wifi ouvert à proximité
Question 8 — Pour installer une application de travail, vous passez par :
- Un site qui la propose gratuitement alors qu’elle est payante
- Le magasin officiel, après avoir vérifié les avis et les téléchargements
- Un lien reçu par SMS
Question 9 — Pourquoi l’entreprise a-t-elle intérêt à fournir des outils professionnels ?
- Pour faire des économies
- Parce que la loi impose un ordinateur par salarié
- Parce que sinon les salariés utilisent leurs outils personnels, hors de tout contrôle
Question 10 — Laisser les enfants jouer sur l’ordinateur professionnel le week-end :
- Ne présente aucun risque avec un antivirus
- Est recommandé pour vérifier qu’il fonctionne
- Expose les données de l’entreprise à des installations non contrôlées
Voir les réponses et les explications
Réponses : 1→1 · 2→2 · 3→3 · 4→2 · 5→1 · 6→3 · 7→1 · 8→2 · 9→3 · 10→3
Explications.
- Un mot de passe réutilisé transforme un piratage personnel en piratage de l’entreprise.
- Le transfert copie en continu des données de l’entreprise vers une messagerie en général moins sécurisée.
- La CNIL admet le contrôle s’il est légitime, proportionné et annoncé aux salariés.
- On ne contrôle ni les lecteurs ni la rediffusion d’une publication.
- Le stockage personnel échappe à l’entreprise : piratage, départ, conformité.
- Une clé USB inconnue peut contenir un programme malveillant indétectable à l’œil.
- Le partage de connexion crée votre propre réseau ; un wifi public est partagé avec des inconnus.
- Les magasins officiels contrôlent les applications ; les versions « gratuites » d’applications payantes sont souvent piégées.
- L’informatique fantôme naît quand les outils professionnels manquent.
- Un jeu téléchargé hors magasin officiel peut infecter l’appareil et les données qu’il contient.
Exercices
Exercice 1 — Cartographier vos usages croisés (15 min) Dressez la liste de vos appareils et de vos comptes : ordinateurs, téléphones, tablettes, messageries, stockages en ligne, clés USB. Pour chacun, indiquez s’il sert au travail, à la vie privée ou aux deux. Pour chaque usage mixte, notez le risque et une action pour le réduire.
Exercice 2 — Le cas de Julien (10 min) Pour chacune des habitudes de Julien décrites en introduction, écrivez le risque et la correction : copies des plans sur son stockage personnel ; transfert de ses courriels vers sa messagerie privée ; ordinateur familial partagé avec ses enfants ; clé USB reçue sur un salon ; wifi du café ; même mot de passe pour son stockage personnel et un autre service.
Exercice 3 — Adapter votre charte en dix règles (20 min) Reprenez la charte de l’annexe. Pour chaque règle, écrivez comment elle s’applique chez vous : outil fourni, exception admise, personne qui vérifie. Supprimez ce qui ne vous concerne pas, ajoutez ce qui manque.
Corrections des exercices
Exercice 1 — Exemple d’une gérante de TPE : ordinateur portable professionnel (travail) ; téléphone personnel avec messagerie de l’agence (mixte : risque en cas de perte ; action : code de verrouillage, mises à jour automatiques, application de messagerie professionnelle séparée) ; tablette familiale (privée ; aucune donnée de travail) ; messagerie privée (privée) ; stockage en ligne gratuit utilisé pour quelques contrats (mixte : risque de piratage et de perte de contrôle ; action : transfert vers l’espace professionnel, suppression des copies) ; clé USB unique (mixte ; action : une clé par usage). Le but n’est pas de tout séparer du jour au lendemain, mais de traiter en premier les usages mixtes qui touchent des données de clients.
Exercice 2 — Copies personnelles des plans : données de clients hors de contrôle ; stockage professionnel partagé et suppression des copies. Transfert des courriels : fuite continue vers un compte moins protégé ; suppression de la règle, accès par la messagerie en ligne de l’agence. Ordinateur familial : installations non contrôlées ; session « Travail » séparée, puis portable professionnel. Clé USB du salon : programme malveillant possible ; remise au prestataire, jamais branchée. Wifi du café : interception possible ; partage de connexion du téléphone. Mot de passe réutilisé : un piratage en entraîne un autre ; mots de passe uniques dans un gestionnaire, double authentification. Aucune de ces corrections ne demande de gros investissement : un portable professionnel et un espace de stockage partagé règlent la moitié des risques.
Exercice 3 — Exemple de Verdier Architectes : règle 3 (stockage) : « Nos fichiers sont dans l’espace professionnel de l’agence ; aucun fichier client sur un compte personnel. » Règle 7 (clés USB) : « Clés jaunes fournies par l’agence ; toute clé reçue de l’extérieur est remise au prestataire. » Règle 8 (wifi) : « En déplacement, partage de connexion du téléphone ; jamais de wifi public pour les échanges avec les clients. » Vérification : Inès, une fois par trimestre. Une charte adaptée à ses propres outils est lue ; une charte générique téléchargée ne l’est pas.
Annexe — Charte « usages pro et perso » en dix règles
À adapter, puis à faire valider et signer par chaque membre de l’équipe.
| Règle | Chez nous (outil fourni, exception, qui vérifie) |
|---|---|
| 1. J’utilise un mot de passe différent pour chaque service, professionnel ou personnel | |
| 2. Je ne mélange pas ma messagerie professionnelle et ma messagerie personnelle ; aucun transfert automatique | |
| 3. J’utilise la connexion de l’entreprise de façon responsable ; je sais qu’elle peut être contrôlée | |
| 4. Je réfléchis avant de parler de l’entreprise, des clients ou des projets sur les réseaux sociaux | |
| 5. Je range les fichiers de l’entreprise dans l’espace professionnel, jamais dans un stockage personnel | |
| 6. J’installe les mises à jour de sécurité sur tous les appareils qui servent au travail | |
| 7. J’utilise la solution antivirus fournie et je la laisse active | |
| 8. Je n’installe des applications que depuis les magasins officiels | |
| 9. Je ne branche aucune clé USB inconnue ; j’ai une clé pour le travail, une autre pour le personnel | |
| 10. Je n’utilise pas de wifi public pour les échanges confidentiels ; je préfère le partage de connexion | |
| En cas de doute ou d’incident, je préviens tout de suite : à compléter | |
| À mon départ, je rends le matériel et les accès sont fermés le jour même |
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Source et licence
Source : Cybermalveillance.gouv.fr – contenu adapté par Acadigit – Licence Ouverte Etalab 2.0 – source mise à jour : 9 juin 2026 (fiche PDF : version 2.0).
Ce support Acadigit reprend et adapte des contenus publiés par Cybermalveillance.gouv.fr sous Licence Ouverte Etalab 2.0. Les adaptations et compléments sont réalisés par Acadigit.
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